
Deux articles ont sucité de nombreuses critiques des communautés originaires des ex-colonies, des mouvements anti-racistes, de partis politiques et de nombreux historiens. Le premier est l’article 13. Ce dernier ferai bénéficier clairement aux anciens terroristes de l'OAS, qui avaient fait l'objet de condamnation, d’une indemnisation. Le deuxième, l’article 4, a été introduit par un sous-amendement du député UMP Vanneste qui propose que “les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit”. La gauche ne s'était pas opposée au texte lors des débats parlementaires, un député communiste avait même fait l'éloge de "l'œuvre accomplie en des terres ingrates". Ce projet tend, selon le député, à mieux faire connaître aux jeunes générations “le côté positif” de la présence française.
Le 8 décembre 2005 dans Le Point, Bernard-Henri Lévy déclare de son coté "On nous avait fait le coup des aspects positifs de Vichy (bouclier, moindre mal, grandes réformes économiques et sociales...) Voilà qu’on nous refait celui du rôle positif, voire de l’œuvre humaniste, de la présence française en Afrique" (...) "L’idée coloniale était, en soi, une idée perverse ; l’aventure coloniale a été, en son principe, une page sombre de notre Histoire ; et il y a dans le geste de ceux qui veulent réviser cette évidence, il y a dans leur aplomb, leur passion, leur enthousiasme repu de beaufs qui se lâchent, un parfum de bond en arrière que l’on n’avait pas senti depuis longtemps. Je comprends - je partage - le souci de ne plus voir les Français « se flageller en permanence ». Je comprends - en cette heure de vertige identitaire, elle est non seulement respectable, mais opportune - la volonté d’aider les Français à retrouver « un minimum d’estime de soi ». Mais que ne célèbre-t-on, alors, ces autres hommes et femmes qui ne représentent pas moins la France et qui, pendant que Mollet et Lacoste pacifiaient les djebels au lance-flammes, prenaient, eux, le parti inverse ? Que ne dresse-t-on des statues à ces autres Français qui, humbles ou fameux, venus de tous les milieux, issus de familles politiques et spirituelles diverses, ont compris, certains aussitôt, certains petit à petit, que c’est à un formidable dévoiement des Lumières et de l’esprit que correspondait l’idée coloniale ? L’estime de soi ne serait-elle pas plus vive si, au lieu du petit Blanc qui a fait « du bon boulot », l’on donnait à admirer les syndicalistes et les prêtres, les appelés, les fonctionnaires contre la torture, parfois les écrivains, qui ont dit et crié, souvent au péril de leur vie, qu’un peuple libre ne peut sans déshonneur en opprimer un autre ? Puisque l’on cherche de quoi nourrir la bonne image narcissique sans laquelle il est probable, en effet, qu’une nation périt, que ne va-t-on voir du côté de Mendès plutôt que de Mollet ? de Sartre et d’Aron plutôt que de Soustelle ? ou encore d’un François Mauriac qui, contre toute raison, contre les préjugés de sa classe et de son milieu, contre lui-même enfin, choisit la décolonisation ? Voilà, oui. De même que le « côté positif » des années 1940-1944 fut l’insoumission des Français libres derrière l’homme du 18 Juin, de même la seule part de grandeur de cette sombre époque coloniale tint, finalement, dans un nom : celui du catholique bordelais François Mauriac."
Le 30 décembre 2005 dans Libération, Arno Klarsfeld, chargé par Nicolas Sarkozy de mener un "travail approfondi sur la loi, l'Histoire et le devoir de mémoire" prône non l'abrogation de l'article 4 de la loi mais une solution qui "doit s'inspirer du discours (…) de Jacques Chirac au Vel d'Hiv' en 1995 qui a reconnu les fautes de l'État français, mais aussi rappelé l'attitude courageuse de la population française". Ainsi, pour la colonisation, tout en rappelant ses méfaits (torture, massacres, injustices), il propose aussi d'en dégager des aspects positifs (construction des routes, des dispensaires, culture, administration…).
Après quelques échanges tendus entre les différentes positions, les introducteurs et les révisionnistes, Jacques Chirac trancha le 25 janvier 2006, l’article 4 fût supprimé et Christian Vanneste débouté. D’ailleurs, le Premier ministre, Dominique de Villepin, s’est démarqué de ce député et fait valoir que ce n’est pas au Parlement d’écrire l’Histoire ou de dire la mémoire.
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